LABORATOIRE 7.2
Analyse structurale des surfaces plissées
Pour caractériser la géométrie
tridimensionnelle d'un pli régional, on doit
connaître l'attitude de sa surface axiale, de son axe ainsi
que l'angle d'ouverture entre les deux flancs du pli. Les
techniques stéréographiques et apprentissages
suivants seront abordés dans ce laboratoire :
Décrire un pli régional en donnant l'orientation
et la géométrie de sa surface axiale, de son axe,
de l'angle d'ouverture entre ses flancs et de la forme de la
surface plissée : les plis régionaux s'orientent
à N45, sont ouverts à fermés,
asymétriques et déversés vers le NW, et
plongent de 20 degrés vers le SW.
Sur une projection stéréographique, l'axe d'un
pli régional peut être déterminé
à l'aide de la ceinture de distribution des pôles
des surfaces plissées. L'axe des plis régionaux
correspond au pôle du plan qui contient les πS0.
La surface axiale d'un pli est généralement
parallèle au clivage. Sur une projection
stéréographique, l'orientation de la moyenne des
plans de clivage régionaux correspondra à
l'orientation de la surface axiale régionale.
Sur un diagramme d'isocontours des πS0 les maxima πS0
sur le grand cercle de dispersion des pôles des surfaces plissées
correspondent aux flancs des plis régionaux. La
distribution des maxima de part et d'autre de la surface axiale
du pli caractérisera l'angle d'ouverture entre les flancs
et la géométrie du pli (asymétrique, en
chevron, sinueux).
Les éléments structuraux qui se forment lors d'un
même épisode de déformation sont dits
compatibles et conformes à un même état de
contrainte régional. Les structures mégascopiques
observées sur le terrain telles que les axes de plis et
les linéations L01 seront dites compatibles avec les plis
régionaux si leur attitude est parallèle à
celle des plis régionaux. Parallèlement, si
l'orientation des plans de clivage mesurés sur le terrain
est parallèle à la surface axiale régionale,
ils seront également compatibles.
1. L'axe du pli
La projection de données de surfaces plissées sur
un stéréogramme nous permet de retrouver
l'orientation de l'axe des plis régionaux. Ces
constructions sont particulièrement utiles lorsque la
dimension des plis dans la région cartographiée est
supérieure à l'échelle d'observation, soit
l'affleurement.

Figure 1: Plans tangents à une couche plissée.
Géométriquement, l'axe d'un pli peut être
défini de deux façons sur un
stéréogramme:
1) sur un canevas , l'axe correspond à l'intersection des
surfaces plissées, qui est en fait la droite commune
à toutes les surfaces (figure 2).

Figure 2: Canevas β des surfaces plissées.
2) sur un canevas (pôles des surfaces), les pôles des
plans de la surface plissée mesurés sur le terrain
sont contenus dans un plan commun (P) et donc sur un même
grand cercle. L'axe du pli correspondra à la normale au
plan P (figure 3) et correspond à une ligne dans l'espace
caractérisée par une direction et une
plongée.

Figure 3: Canevas π des surfaces plissées.
2. La surface axiale
Il est impossible de mesurer directement sur le terrain
l'attitude de la surface axiale, i.e. la direction et le pendage,
d'un pli régional. Par contre, il est possible de
déduire son attitude de plusieurs façons :
1) à partir de la trace de la surface axiale sur une carte
géologique et d'une analyse statistique de la surface
plissée (figure 4). Il s'agit donc dans un premier temps
de construire un diagramme à l'aide des orientations des
surfaces plissées données sur la carte et de
retrouver l'orientation de l'axe du pli qui correspond au
pôle du plan qui contient les pôles des surfaces
plissées. Ensuite l'on projette la direction de la trace
du plan axial telle que mesurée sur la carte, sur le
diagramme des surfaces plissées. Puisque l'on sait que par
définition la surface axiale d'un pli contient l'axe du
pli, la dernière étape consiste à tracer le
grand cercle représentatif de la surface axiale dont on
connaît la direction, de façon à ce que le
grand cercle définissant le pendage de la surface axiale
passe par l'axe du pli (figure 4).

Figure 4: Carte d'un pli déversé et canevas des
données structurales du pli.
2) en connaissant la direction et le pendage du clivage
régional associé aux plis. Le clivage correspond au
plan d'aplatissement défini par l'état de
contrainte régional et se développe
parallèlement à la surface axiale d'un pli. Sur une
projection stéréographique, la surface axiale
correspondra au plan moyen des clivages régionaux.
3. La géométrie des flancs de plis
Les constructions stéréographiques nous permettent
également d'analyser les caractéristiques
géométriques des plis. Les plis symétriques
présenteront des patrons symétriques sur des
diagrammes d'isocontours des πS0 (figure 5).

Figure 5: Couches horizontale et plissées et représentations
graphiques sur des diagrammes isocontours πS0.
Les projections stéréographiques de
différentes formes de plis régionaux
présenteront des répartitions d'isopontours de
densité des πS0 différents (figure 6). Chaque
concentration maximum de données πS0 représentera
l'orientation d'un des flancs du pli (figure 6). L'angle
d'ouverture d'un pli pourra être mesuré sur le
canevas et correspondra à la valeur angulaire entre les
deux maxima mesurée sur le grand cercle de dispersion des
pôles des surfaces plissées (figure 6).

Figure 6: Forme d'un pli et diagramme d'isocontours des πS0.
Sur une projection d'isocontours de densité de surfaces
plissées (πS0) deux maxima se définissent et
correspondent aux flancs du pli. Sur une telle projection, la
surface axiale du pli correspondra au plan moyen localisé
à mi-chemin entre les deux flancs du pli.

Figure 7: Différentes formes de pli et diagrammes isocontours πS0.
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d'analyse structurale de surfaces plissées