Svartifoss

Svartifoss est une chute du parc de Skaftafell, au sud-est de l'Islande, dont le nom signifie « cascade noire ». Ce nom provient de la formation rocheuse dans laquelle elle s'écoule, soit une coulée de lave basaltique noire qui exhibe des colonnades hexagonales très bien formées. Ces basaltes, relativement vieux pour l'âge de l'île, ont vu le sommet de leur coulée érodée, pour ne montrer que la section en colonnes.

Ces formations, surprenantes par leur régularité géométrique, proviennent du refroidissement de coulées basaltiques subaériennes. Ce sont des prismes généralement hexagonaux, plutôt réguliers, qui sont disposés perpendiculairement à la surface de refroidissement de la lave. Une coulée suivra généralement plus ou moins bien un profil théorique en trois couches (figure 5). Une première couche au sommet, appelée fausse colonnade, montrera des structures en colonnes beaucoup moins bien organisées à cause du refroidissement plus rapide en surface. La seconde, située au cœur de la coulée et appelée l'entablement, présente une structure encore plus désorganisée, le refroidissement se propageant du haut et du bas. C'est la base de la coulée, la colonnade, observable à Svartifoss, qui montre les joints columnaires bien formés. Chacune de ces parties peut être d'importance variable ou même absente. Parfois, plusieurs couches de colonnades de différents diamètres sont observables au sein d'une même coulée. Ceci est dû à l’accommodation de la variation de vitesse de refroidissement selon la profondeur, et non à des coulées successives.

Afin que la lave se fractionne sous cette forme, elle doit être assez fluide et présenter un écoulement et refroidissement lent. L'emplacement de la colonnade à la base de la coulée est d'ailleurs dû au refroidissement plus lent à cet endroit. À mesure que la lave perd de sa chaleur, des fissures se créent pour accommoder la perte de volume liée à la contraction thermique. Ces craques se propagent selon le gradient thermique, dans le sens de propagation du refroidissement, d'où leur forme prismatique perpendiculaire à la surface de contact. Ils sont généralement à base hexagonale, car c'est la surface qui minimise l'énergie nécessaire aux fractures.

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